SMAP (Severe Mental Alienation Procedure)
Digital Film,2'26", Sound, Installation, 2022
S.M.A.P. is a video installation that delves into the psychological fragmentation and overstimulation of contemporary digital existence. The title — a recursive anagram of SPAM — reframes the idea of unwanted information as a procedural state: a systemic intrusion into perception, memory, and mental clarity.
At its core, the piece presents a looping image of a girl, subtly glitching at irregular intervals — a visual metaphor for the erosion of identity under the constant interference of the digital sphere. This image is accompanied by an unsettling soundscape: distorted recordings of actual Chinese-language auditory spam received on the artist’s mobile phone. The relentless flood of these messages — sometimes numbering in the hundreds — produces a numbing repetition that frustrates, exhausts, and slowly disorients the mind. It becomes a form of low-grade psychic abrasion, a persistent intrusion that pushes the psyche toward alienation.
These once-functional messages have been stretched, twisted, and rendered unfamiliar, echoing the dissonance between communication and comprehension, between presence and intrusion. The artist’s act of distortion becomes both an aesthetic transformation and a gesture of resistance — a way to reclaim the noise that would otherwise colonize personal mental space.
The projected image is displayed on a stack of old metal boxes once used to store medication, suggesting that this repetitive sonic intrusion functions like a warped form of treatment — an uneasy remedy for an already alienated mind.
S.M.A.P. invites viewers to inhabit a space where noise overtakes signal, and the boundaries between self and world begin to dissolve. It is a portrait of technological noise as a psychological condition — not mere background static, but an active force of alienation.
S.M.A.P. est une installation vidéo qui explore la fragmentation psychologique et la surstimulation propres à l’existence numérique contemporaine. Le titre — une anagramme récursive de SPAM — reformule l’idée d’information indésirable comme un état procédural : une intrusion systémique dans la perception, la mémoire et la clarté mentale.
Au cœur de l’œuvre, une image en boucle montre une jeune fille, subtilement affectée par des glitchs à des intervalles irréguliers — une métaphore visuelle de l’érosion de l’identité sous l’interférence constante de la sphère numérique. Cette image est accompagnée d’un paysage sonore inquiétant : des enregistrements déformés de véritables spams auditifs en langue chinoise reçus sur le téléphone portable de l’artiste. Le flot incessant de ces messages — parfois par centaines — engendre une répétition engourdissante qui frustre, épuise et désoriente progressivement l’esprit. Il devient une forme d’abrasion psychique de faible intensité, une intrusion persistante qui pousse la psyché vers l’aliénation.
Ces messages autrefois fonctionnels ont été étirés, tordus et rendus méconnaissables, faisant écho à la dissonance entre communication et compréhension, entre présence et intrusion. L’acte de déformation opéré par l’artiste devient à la fois une transformation esthétique et un geste de résistance — une manière de se réapproprier le bruit qui, autrement, coloniserait l’espace mental personnel.
L’image projetée est présentée sur une pile d’anciennes boîtes métalliques autrefois utilisées pour stocker des médicaments, suggérant que cette intrusion sonore répétitive agit comme une forme altérée de traitement — un remède instable pour un esprit déjà aliéné.
S.M.A.P. invite les spectateurs à habiter un espace où le bruit supplante le signal, et où les frontières entre soi et le monde commencent à se dissoudre. C’est un portrait du bruit technologique en tant que condition psychologique — non pas un simple fond parasite, mais une force active d’aliénation.